Comment les médias sociaux nous trompent ?

Drôle de titre et un article quelque peu « hors-sujet », que nous nous attendons certainement pas à trouver sur le blog d’un spécialiste du Marketing et des réseaux sociaux. Mais il ne semble toutefois impératif, lorsque l’on est investi dans un domaine, de se poser les bonnes questions et de prendre du recul, un tant soi peu. Pour mieux appréhender les choses et mieux les gérer, il vaut mieux en effet les comprendre et apprendre comment les médias sociaux fonctionnent.

Votre esprit est en permanence à la recherche de quelque chose qui attire l’attention. Et c’est plutôt un très bon facteur le plus souvent. Si vous allez au supermarché par exemple, vous pouvez dire que la chasse est en cours. Vous êtes à l’affût des bonnes affaires ou vous essayez de choisir entre les plats asiatiques et le dernier plat préparé de votre marque préférée. Ou encore si vous êtes dans une librairie, vous pouvez regarder quelques couvertures et voir en un clin d’œil un titre accrocheur ou un dessin coloré. Ensuite, vous vous rendez compte que vous pourriez transporter une pile de livres chez vous, même si vous n’en avez pas une utilité réelle.

Voici le coupable : Le lobe temporal

Cette recherche fixe et permanente fait appel à une partie de notre esprit appelée le lobe temporal. Comme son nom l’indique, cette zone nous permet « d’attraper et de lancer » quelque chose qui attire notre attention sur une courte période. Nous aimons ce type d’exercice temporel parce que la plupart d’entre nous s’ennuient tout simplement. En effet, nous sommes heureux lorsqu’il y a un stimulus fixe de considération. L’attrait pour cette fabrique de petites « questions » signifie que nos cerveaux peuvent changer d’orientation et rester à l’affût d’une chose digne de notre considération. Je parle d’achats parce que, lorsque nous nous rendons dans un magasin, notre lobe temporal fonctionne à plein régime.

J’habite près d’un centre commercial et il m’arrive de m’attarder beaucoup trop longtemps dans les rayons et dans les boutiques. C’est vrai qu’il peut être agréable de feuilleter des livres ou des magazines, puis de s’aventurer vers des appareils plus technologiques. On se sent en fait captivé, sans s’en rendre compte, par les produits proposés sur le marché. On s’égare dans la seconde et puis le temps s’arrête.

Your mind is at all times on the hunt for one thing attention-grabbing.

Si nos cerveaux n’étaient pas simplement captivés, nous pourrions à tout moment nous ennuyer. On pourrait même dire qu’un signe d’épuisement ou de mélancolie se manifeste lorsque nous ne sommes plus attirés par quelque chose et que nous devons maintenant démener plus durement pour trouver des distractions intéressantes dans la vie.

Prenons un autre exemple, qui parlera j’en suis sûr à de nombreuses personnes d’entre vous. Imaginez que vous êtes en permance sur la route, que vous vous bousculiez dans les aéroports et que vous séjourniez souvent dans des hôtels. Au cours de cette expérience de voyage permanent, je suis pratiquement certain que vous n’êtes pas aussi concentrés sur la découverte de nouvelles choses, à part peut-être un oreiller dans un hôtel. Il y a en effet de fortes chances que vous ne soyez plus simplement captivés par les nouvelles expériences. Ce qui peut aussi être la raison pour laquelle vous vous tournez habituellement vers votre téléphone.

Comment les médias sociaux nous font croire que nous sommes attentifs

Voilà donc le problème. Les médias sociaux ont modifié le marché des smartphones ces derniers temps, et jamais pour le mieux vraisemblablement. Les algorithmes nous fournissent en permanence des informations, des photos, des messages et des films qui attirent l’attention. Notre fameux lobe temporal est plus que ravi d’interagir avec le contenu pendant que nous le faisons défiler, encore et encore.

Que se passe-t-il réellement ? Revenons à mon exemple d’achat dans ce centre commercial : Instagram, Facebook, TikTok et toutes les autres applications de médias sociaux nous montrent continuellement des messages et des films qui attirent l’attention. Nous défilons nos fils d’actualités et les différents Feeds de nos plateformes préférées, parce que nos cerveaux sont câblés pour rechercher des distractions qui attirent l’attention, et les médias sociaux sont probablement l’environnement le plus propice à cela.

Vous pouvez penser que ce n’est pas la même chose que la dépendance, et vous avez raison. Du moins, en grande partie. J’aime considérer le défilement infini (Infinite Scroll) comme un syndrome de considération non permanente, une maladie qui ressemble à la dépendance, mais qui n’est pas tout à fait identique. Dans le cas de la dépendance, nous avons besoin d’un stimulus que nous savons être irrésistible et efficace. Avec le syndrome de la considération non permanente, nous sommes continuellement à la recherche de nouveaux stimuli. Nous aimons qu’il soit non permanent et éphémère. Plus il est fugace et mieux c’est ! Nous absorbons le stimulus et passons au suivant, souvent en quelques secondes seulement.

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L’Infinite Scroll : Terriblement efficace

Ces dernières années, après avoir découvert les médias sociaux et la manière dont ils apportent de la valeur mais peuvent aussi être extrêmement nuisibles, j’ai constaté que le problème s’aggravait. Nous sommes désespérément accrochés, en raison du fonctionnement du lobe temporal. Nous faisons défiler les pages plus que jamais. La réponse n’est pas vraiment facile. Nous devons nous extraire de ce stimulus constant, si disponible sur nos unités plastiques. Le beau problème de notre époque est de vous fournir une technique pour nous déconnecter du cycle de stimulus de considération feinte.

De toute façon, les médias sociaux n’offrent pas vraiment une expertise spectaculaire. C’est tout simplement correct, mais terriblement efficace. La réponse consiste d’ailleurs à réaliser, dans un premier temps, qu’une science fondamentale de l’esprit est en jeu, puis à sortir du cycle, à découvrir de nouvelles questions à traiter en remplacement et à gérer notre utilisation comme une technique de lutte contre la dépendance.

Par où commencer ? Ma recommandation est simple : veillez à n’utiliser ces applications que pendant une période limitée, ou supprimez-les jusqu’à ce que vous en ayez à nouveau besoin. Il faut d’abord accepter que les applications nous contrôlent, et décider de les gérer à la place.

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Othmane Ghailane
Othmane Ghailane

Passionné par la création et le développement des marques, je suis spécialisé dans la conception d’identité de marques et dans le Brand Marketing. À ce titre, j’accompagne les organisations et les marques pour développer leur image, aussi bien sur le fond que sur la forme.

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